Trois questions à Philippe Stohr

Directeur de Fortum en France

Philippe Stohr

Fortum France a été créé en 2011. Pourquoi ?

Parce que la France dispose d’atouts exceptionnels pour développer les filières des énergies renouvelables, parce que nous croyons en la force des synergies d’expertises complémentaires et l’innovation en résultant, et parce que nous avons la conviction que c’est en plaçant la concertation et les territoires au cœur de la valorisation des ressources nationales que la France pourra développer son potentiel énergétique. Depuis sa création, Fortum France se consacre à des projets dans l’énergie hydraulique ayant vocation à s'implanter durablement dans les territoires.

 

Vous êtes candidat au renouvellement des concessions hydroélectriques…

Effectivement. Dans cette perspective, nous cherchons activement à en comprendre les enjeux tant au niveau national (système électrique et politique énergétique) qu’aux niveaux territoriaux dans les vallées concernées, notamment en rencontrant les acteurs. Notre ambition est de pouvoir proposer des projets les plus adaptés. Les rencontres que nous menons au niveau local visent à construire avec les acteurs locaux un projet territorial intégrant pleinement la production hydroélectrique. Je vous invite à lire nos trois livres blancs. Le premier résume quelques enseignements de nos échanges tandis que le deuxième souligne les opportunités en matière d'investissement, d'industrie, d'innovation et de développement local qui sont ouvertes par ce renouvellement. Enfin, le troisième livre blanc publié en 2016 se penche sur la question de la gouvernance des concessions.

 

Quel avenir voyez-vous pour le système énergétique français ?

Les systèmes énergétiques sont entrés dans une transition massive, et ce, plus rapidement qu’initialement envisagé. La chute rapide des prix des renouvelables, solaire et éolien en tête , mais aussi des batteries, alliée au désir des consommateurs de devenir de plus en plus acteur de leur consommation, laisse présager un système énergétique qui, à terme pourra être totalement électrique. La France a, dans cette transition, une chance unique avec sa production hydroélectrique qui, par sa flexibilité, lui permettra d’équilibrer la production intermittente des renouvelables. Pour la saisir, il est primordial de permettre aux investissements trop longtemps repoussés d’être fait, en mettant en compétition le plus rapidement possible les concessions hydroélectriques échues.