Un appel à la coopération pour décarboner les pays nordiques

La coopération entre les pays nordiques est essentielle pour décarboner la région suffisamment rapidement et atteindre nos objectifs ambitieux en matière de climat. Cela nécessite une politique fiscale harmonisée et le développement d'infrastructures communes. En outre, il est indispensable que nous garantissions la compétitivité de la production d'électricité décarbonée existante et que nous examinions les possibilités offertes par l'hydrogène.

Vue de nuit

Nous disposons de certains outils au niveau européen pour guider les industries européennes vers une production et des modes de transport plus écologiques. L'un de ces outils, d'ailleurs très important, est la tarification du carbone dans le système d'échange de quotas d'émission (ETS). Toutefois, cela ne suffit pas.

Les infrastructures énergétiques - un frein pour le développement ?

Afin de rendre possible la réduction des émissions de dioxyde de carbone, nous devons mettre en place des infrastructures énergétiques adaptées, capables d'acheminer les volumes nécessaires d’énergie des sources de production jusqu’aux puits de consommation. Il est évident que ce n'est pas encore une réalité.

 

Si l'infrastructure énergétique n'est pas conçue pour servir l'effort de décarbonation, nous ne serons tout simplement pas en mesure d'atteindre nos objectifs. La création d’un organisme commun pour toutes les infrastructures nordiques, associée à une vision commune de la neutralité carbone et à des instruments harmonisés, constituerait une configuration optimale pour une décarbonation réussie des pays nordiques. Le besoin d'investissements importants dans l'optimisation du réseau est également évoqué dans le nouveau rapport de Copenhagen Economics (CE), commandé par Fortum ; le rapport indique qu'une approche plus prospective devrait être adoptée pour la réglementation des gestionnaires de réseaux de transport et de distribution (GRT et GRD), en mettant davantage l'accent sur les besoins des clients et du marché énergétique en général. Selon le rapport, la réglementation devrait être élaborée de manière à encourager l'adoption de nouvelles technologies et de mécanismes de marché favorisant la flexibilité de l'offre et de la demande.

La demande d'électricité propre va augmenter de manière significative

Le rapport de Cophenhagen Economics reconnaît également que si nous réussissons à réduire significativement nos émissions, l'électricité jouera un rôle beaucoup plus important qu'aujourd'hui dans la consommation finale globale. L'électricité propre est un moyen naturel et compétitif de décarboner directement de nombreux secteurs, tels que les transports légers et, en partie, le chauffage des bâtiments.

Selon le rapport, la demande globale d'électricité dans les pays nordiques pourrait augmenter d'environ 290 TWh par rapport aux 400 TWh actuels. Il s'agit là d'une augmentation importante dans un délai très court. Nous devons donc nous assurer que nos moyens existants de production d'électricité propre fonctionnent de manière optimale. Il ne faudrait pas mettre en péril la réduction des émissions de CO2 en affaiblissant la viabilité commerciale des énergies hydrauliques et nucléaires, qui, au-delà de l’électricité propre qu’elles fournissent, garantissent également des services, dits auxiliaires, précieux au système électrique.

 

L'hydrogène à la rescousse ?

L'augmentation de la production d'électricité décarbonée n'est cependant pas une solution universelle. Certains secteurs, notamment l'industrie et les transports, nécessitent un stockage d'énergie à grande échelle, des températures élevées ou certaines propriétés chimiques - en somme, une autre façon de remplacer les combustibles fossiles. La réponse à ces besoins pourrait très bien se trouver dans l'hydrogène.

Les pays nordiques disposent d'une énergie éolienne abondante et d'une énergie nucléaire compétitive. Nous pourrions disposer de ressources très précieuses et compétitives pour mettre en place une économie de l'hydrogène. Bloomberg a estimé qu'à long terme, le coût total de la production d'hydrogène à partir de l'électricité dans les pays nordiques pourrait n'être que de 0,73 USD/kg, ce qui est le chiffre le plus bas de leur base d'estimation mondiale.

L'hydrogène résout également le problème de l'intermittence des énergies renouvelables, car il peut être produit et stocké lorsque ces sources sont abondantes, puis utilisé lorsque les énergies solaire et éolienne ne sont pas disponibles.

C'est pourquoi, chez Fortum, nous aimerions voir une stratégie nordique commune en matière d'hydrogène, qui permettrait premièrement d'identifier clairement cette opportunité unique, et deuxièmement de prendre des mesures décisives pour amener les pays de la région en tête de la course à l'hydrogène. Il convient de s’y atteler sans tarder, car nous ne sommes pas les seuls à vouloir saisir cette opportunité qui implique des trillions de dollars d'investissements cumulés au cours des prochaines décennies.

La prochaine étape

Nous avons identifié des zones de développement et des moyens tangibles pour avancer dans la décarbonation des pays nordiques. Il est maintenant temps d'agir. Nous appelons les gouvernements nationaux nordiques à assumer cette tâche commune d'harmonisation, de développement des infrastructures et d'exploration des possibilités de l'hydrogène. Le chemin à parcourir n'est pas facile, mais si nous nous engageons à atteindre des objectifs communs et à coopérer par-delà les frontières et les industries, nous pouvons réussir.

 

L’article ci-dessus a été élaboré par Lari Järvenpää, Head of Market Intelligence et Fortum’s Trading and Asset Optimisation en septembre 2020. Pour consulter sa version originale en anglais, cliquez ici.